Histoire des Runes naines.
© Dominique Vigot (Foradan), Stéphane Grignon (Anglin), Chroniques de Chant-de-Fer, 2005.

Au Commencement ...

Dans l'histoire des runes, il est important de noter la double naissance de l'écriture :
L'écriture à base de Tîw (lettres) est inventée par Rúmil et améliorée par Fëanor (le Tengwar fëanorien). Elle permet d'écrire toutes les langues possibles et existantes. Elle est décrite selon une approche phonologique.
Chaque variation, ou mode du Tengwar, est adaptée à la demande des différents peuples qui l'utiliseront ensuite (spécificités phonétiques et besoins linguistiques propres des peuples dont la culture dérive des Elfes).
Concernant les Cirth ...
Pendant que le Tengwar se développait parmi les Eldar en Valinor, Daeron, le ménestrel de Doriath, inventa les Cirth (runes) selon une même recherche d'ajustement phonétique sur la forme des caractères. Daeron est, en effet, le premier à « décrire » les Cirth (Silm., p. 120) selon les Annales Grises en V.Y. 1300 (parfois cet épisode est daté de V.Y. 1350).

Á cette époque ...
Les Nains de Belegost et de Nogrod aident Thingol et Melian à bâtir Menegroth. Nul doute que c'est à cette période qu'ils entendent parler de cette invention. Les Nains étant passés maîtres dans la taille de la pierre, ces runes (destinées à être gravées dans la pierre, le métal ou le bois) se révèlent proches de leurs aspirations et de leur art, bien plus adéquates à graver dans la pierre.
En V.Y. 1350 (selon le comput des Annales Grises), les Nains apprennent donc les runes développées par Daeron. Pour les Nains, ce savoir est rapidement considéré comme un trésor : ils les apprécient, estimant qui plus est que l'art de Daeron en la matière surpasse celui de tous les Sindar.
Il est important de noter :
Ce sont les Nains qui apportent ce savoir aux peuples présents à l'Est des Ered Luin (hors du Beleriand) : aux Nains des autres grandes Maisons et, plus tard, aux peuplades humaines.
Comme les Nains ont un langage différent de celui des Elfes, ils sont forcés d'adapter ce savoir à leur propre système phonologique ; ce qui débouche sur les premières variantes de l'Angerthas (écriture runique : « Longue liste de Runes »), comme le feront d'ailleurs les Humains plus tard. On trouvera ces runes jusqu'au Troisième Âge à travers leur utilisation par les Hommes du Nord et les Nains (par exemple : la tombe de Balin, la signature de Gandalf, etc.)

Lorsque les Noldor arrivent en Beleriand.
Les Noldor importent le Tengwar. L'Angerthas Daeron continue de se développer sous l'influence du Tengwar, puis est peu à peu abandonné par les Elfes au profit du Tengwar. Cependant, il perdurera grâce aux Nains. Ces Angerthas subirent alors aussi les variations nécessaires à leur usage par les Nains : Angerthas Moria, puis mode d'Erebor, selon les périodes et les migrations.
Tolkien explique donc ainsi la présence de deux systèmes bien distincts de runes :
L'un est calqué sur la variante anglo-saxonne du FUThARK germanique, utilisé essentiellement comme support narratif dans The Hobbit.
Ces runes apparaissent dans de nombreux écrits de Tolkien :
  • La lettre 112 ;
  • Dans The Hobbit : introduction, multiples couvertures, carte de Thror ;
  • Dans les HoME VI et VII, quand Gandalf signe la lettre qu'il destine à Frodo au Poney Fringant.
Note : En ce qui concerne les runes, celles du Hobbit sont directement dérivées du FUThARK. En fait, les signes employés sont du FUThORC, une variante anglo-saxonne. Donc ce n'est ni du Khuzdûl, ni vraiment du FUThARK.
Le second mode runique (Angerthas Moria, Erebor) est bien plus subtil. Il diffère radicalement du FUThARK. Bien qu'utilisant des formes proches, Tolkien lui invente un fond bien distinct et l'organise rigoureusement. Comme pour le Tengwar, cet Angerthas est calqué sur une dynamique phonétique. Il utilise des runes de « base » parmi des dentales, labiales, palatales, vélaires et labiovélaires et y applique certains effets pour les organiser proprement.
Pour exemple : L'ajout d'un jambage donne le son voisé ; Le retournement donne la spirante ; L'addition jambage-retournement donne la spirante voisée.
Ces runes apparaissent dans de nombreux écrits de Tolkien :
  • La lettre 118 ;
  • La tombe de Balin décrite dans La Communauté de l'Anneau (mais présente sous une autre forme dans le HoME VII) ;
  • Deux pages du livre que Gandalf lit dans la Salle de Mazarbûl (cf. Pictures of J.R.R. Tolkien).

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