Retour à l'Auberge


< Astrid Dusausoit >

Eruvanya, ici a partir de l' article de Guillaume Jugy (>Maeglin), analyse des concepts jungiens d'Ombre, d'Archétype et d'Inconscient Collectif. "
( Les extraits du texte de Maeglin sont en Italique)

Le Nain-Bouffon dans l'Inconscient Humain.
" Le symbole du bouffon participe pourtant à d'autres a aspects cosmogoniques et symboliques du nain, notamment dans la relation de l'homme et son ombre. " Guillaume Jugy. " Les nains comme les elfes sont donc liés aux divinités chtoniennes, symbolisant les forces inconscientes du désir, métamorphosés en images captivantes (archétypes) "

J'ai ajouté moi-même le terme " archétypes ". J'espère que Maeglin sera d'accord avec le rapport que j'ai fait entre les termes employés par lui (images captivantes) et le concept jungien d' " archétypes " que j'ai cru y reconnaître. Voilà , je me propose de développer les concepts suivants : l' Ombre, l' Inconscient Collectif et les Archétypes selon la terminologie jungienne et en essayant d' y relever autant que possible les aspects qui présentent un rapport pertinent avec l'article de Maeglin. J'y ai aussi ajouté des éléments concernant ma pratique de psycho-tarologue pour illustrer le concept d'Archétype. En effet afin de faire ressortir un lien avec le monde des nains, je signale que la signification symbolique des runes peut être mise en rapport direct avec celle des arcanes du Tarot , elles-mêmes des représentations du contenu de l'Inconscient Collectif. Les runes sont un alphabet sacré , autrefois réputé capable de relier l'âme humaine au monde des dieux (en psychologie, le mondes des Archétypes . De plus , le monde des nains est celui des connaissances secrètes et des pouvoirs occultes . Je veux également signaler qu' il y a parfaite égalité entre l'Obscurité et la Lumière., le Conscient et l'Inconscient, le Yin et le Yang.

Voivi un extrait de l'article de Maeglin :

Le corollaire de cette mise en avant de la face inconsciente, créative et "monstrueuse" de l'homme symbolisée par le nain-bouffon est la signification de son sacrifice du par l'autorité, qui indique le plus souvent une faiblesse psychologique, une impuissance à assumer ses travers et ses refoulements. Certains phénomènes racistes et xénophobes sont assez révélateurs de cette impuissance : en caricaturant la victime sous les traits d'un bouffon incompréhensible ou tout simplement différent, c'est une part de sa propre nature que l'on renie. Assimiler le bouffon, c'est continuer son évolution ascendante, intégrer des aspects autres à un niveau plus compréhensif, en définitive plus humain.( Maeglin)

Cette partie du texte de Maeglin fait incontestablement référence au processus d'individuation chez C.G.Jung

Maintenant, voici une analyse plus détaillée de ce processus d'individuation et une définition de certains concepts qui s'y rattachent L'aspect de l'Ombre est représenté par un " Diable " (dans le Tarot, par ex), une sorcière ou quelque chose de semblable. En choisissant le mot " Ombre " pour décrire cet aspect de " l'Inconscient ", Jung à beaucoup plus à l'esprit que de simplement suggérer quelque chose de sombre et de vague. IL n'y a pas d'Ombre sans Soleil et pas d'Ombre (dans le sens de l'Inconscient personnel) sans Lumière (symbole du processus conscient.) Il est dans la nature des choses de comporter de la lumière et de l'obscurité, du Soleil et de l'Ombre. L'Ombre est inévitable et l'Homme est incomplet sans lui. ( Dans le Tarot traditionnel, les arcanes XVIII et XIX, La Lune et le Soleil représentent l'Inconscient et le Conscient, parties indissociables de la Psyche). Plutôt que le rejet (ou refoulement) de l'Ombre, le processus d'individuation (ou Quête du Soi) requiert l'intégration de l'Ombre. Ce flux constant entre Conscient et Inconscient est représenté en tarot traditionnel par l'Arcane XVI (La Tempérance) représentant un " Ange " transvasant un liquide d'une coupe à une autre , acte symbolisant l'intégration des contraires, l'animus et l'anima , composantes de la Psyche. Une superstition populaire veut que l'homme sans ombre ne peut être que le Diable lui-même. Le Diable (arcane XV) du Tarot représente l'Ombre non intégrée, refoulée. Dans l'Univers Tolkienien, les devinettes dans le Noir entre Bilbo et Gollum représentent le dialogue entre le Conscient et l'Inconscient . Bilbo possède deux armes redoutables, une lame elfique , symbole de la pensée consciente, analytique mais surtout l'Anneau, symbole d' éternité et d'Unité ( Le Soi intégré , la déité immanente, l'Etat d'Eveillé ou de Buddha, la Conscience globale ainsi que le, lien entre le Soi individuel et la Conscience cosmique, centre ou se superposent l'Individuel et l'Universel, les tréfonds de l'Inconscient ( la Moria).

Note : Actuellement, Cette Conscience globale ou holistique, associée aux facultés intuitives est considérée comme plus puissante que le processus conscient analytique bien que Jung les ait mis à égalité. Il faudra aussi, ultérieurement revenir sur la symbolique de l'Anneau puisque celle-ci est au coeur même de l'œuvre de Tolkien. Voyons, maintenant plus spécifiquement la symbolique du nain. Si celui-ci représente l'Ombre, et l'Elfe la Lumière, il est permis de considérer l'amitié entre Gimli et Legolas comme la tentative d'intégration des deux parties de la Psyche S'il en est ainsi, quelle serait la " typologie " correspondant à ces deux personnages ?. Comme, il est très courant de le faire dans des domaines ésotériques (Alchimie, Tarot, Astrologie, Kabbale, Runologie, I-Ching…) référons nous donc à la théorie des éléments , en conformité à celle de Le Senne tout autant qu'aux fonctions jungiennes auxquelles il est d'usage de la rattacher. L'élément " Air " me semble être celui qui convient le mieux à l' Elfe et l'Element " Terre " au Nain. L'air est associé à la " pensée " , au mental, à l'analyse à la sagesse et à la justice , également à ce qui est subtil, léger, évanescent . L' élément " Terre " est associé à la matière, à la pesanteur. Les qualités de cet élément sont le pragmatisme, le sens du concret, le goût du confort, la sensualité, la fiabilité, la loyauté mais aussi une certaine lourdeur, un manque de souplesse. La complémentarité (pour éviter le terme " antagonisme " entre ces deux types est évidente. L'intégration de ces caractéristiques, entre autres, puisqu'il y a aussi deux autres éléments ( le feu et l'eau) constitue une des tâches de la psychologie analytique. Cela peut aussi aider à mieux comprendre le Monde de Tolkien , non pas de façon " objective " mais dans le rapport subjectif, secret et inconscient que chacun de nous entretient avec lui.

In the Dark , I hear a call.. Calling me there….I will go there… And back again …. ( Enya )

 

Voici, une toute petite partie, des références sur Jung , les Mythes, les Archétypes, l'Inconscient Collectif

Symbolisme des mythes


" C'est pourquoi, assez paradoxalement, nous en savons davantage sur le symbolisme des mythes qu'aucune des générations qui nous ont précédés. En réalité, les hommes d'autrefois ne réfléchissaient pas sur leurs symboles. Ils vivaient et étaient inconsciemment animés par leur signification. "

C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 81.

 

Tout le travail d'une psychologie pratique est alors un travail de différenciation, où l'homme se recouvre dans son intégrité : l' individuation, telle qu'elle était déjà annoncée dans les Sept Sermons aux morts, n'est rien d'autre que ce processus où l'âme se découvre dans son entièreté, c'est-à-dire dans sa vérité singulière, vérité qui ne s'exprime que sous la puissance du symbole.

(ce cours est en Anglais, mais, je crois que c'est assez explicite en anglais)

The existence of the collective unconscious can be inferred in the normal man from the obvious traces of mythological images in his dreams - images of which he had no previous conscious knowledge. It is sometimes difficult to prove that no such knowledge ever existed (one can always say there was the possibility of cryptomnesia (1), but in certain kinds of mental disorder there is an astonishing development of mythological imagery which could never be accounted for by the individual's own experience.
1. Cryptomnesia - something read, seen, or heard is forgotten and then later unconsciously reproduced.

Because myths are a direct expression of the collective unconscious, they are found in similar forms among all peoples and in all ages, and when man loses the capacity for myth- making, he loses touch with the creative forces of his being. Religion, poetry, folk-lore, and fairy-tales, depend also on this same capacity. The central figures in all religions are archetypal in character, but as in the myth, consciousness has had a share in shaping the material. In primitive cults this is much less than in the higher and more developed religions, so that their archetypal nature is clearer. The most direct expression of the collective unconscious is to be found when the archetypes, as primordial images, appear in dreams, unusual states of mind, or psychotic fantasies. These images seem then to possess a power and energy of their own - they move and speak, they perceive and have purposes - they fascinate us and drive us to action which is entirely against our conscious intention. They inspire both creation and destruction, a work of art or an outburst of mob frenzy, for they are 'the hidden treasure upon which mankind ever and anon has drawn, and from which it has raised up its gods and demons, and all those potent and mighty thoughts without which man ceases to be man'.(2) The unconscious therefore, in Jung's view, is not merely a cellar where man dumps his rubbish, but the source of consciousness and of the creative and destructive spirit of mankind.

Conscious and unconscious do not make a whole when one of them is suppressed and injured by the other. If they must contend, let it at least be a fair fight with equal rights on both sides. Both are aspects of life. Consciousness should defend its reason and protect itself, and the chaotic life of the unconscious should be given the chance of having its way too - as much of it as we can stand. This means open conflict and open collaboration at once. That, evidently, is the way human life should be. It is the old game of hammer and anvil: between them the patient iron is forged into an indestructible whole, an 'individual'. This, roughly, is what I mean by the individuation process.(2)