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Chroniques de Chant-de-Fer  |  L'Auberge du Nain Poète  |  Le Hall des Artistes  |  Fil de discussion: [Nouvelle] 1980 Troisième Age, récit de Munin fils de Thróin « sujet précédent | | sujet suivant »
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Auteur Fil de discussion: [Nouvelle] 1980 Troisième Age, récit de Munin fils de Thróin  (Lu 705 fois)
Anglin
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« le: 01 Août 2005, 13:43:09 »

1. Premier Jour en Moria ...
(par Stéphane Grignon, ajouté le 01/08/05)

Je suis Munin, fils de Thróin. Mon Seigneur et Roi était Durin, le sixième. Je demeurais en Khazad-Dûm, la plus grande et la plus prestigieuse cité naine de tous les Ages avant cette tragique année 1980.

J'étais un felak, un creuseur, spécialisé dans la recherche du Mithril, le métal qui fit la prospérité de mes ancêtres. Nous étions plus d'un millier comme moi à creuser toujours plus profondément dans les entrailles de la cité à sa recherche. Notre roi commerçait le métal avec toutes les races, tous les plus puissants seigneurs des environs, humains et elfes.

Il nous fallait toujours plus de Vrai-Argent, le roi, certains disait qu'il était en cela guidé par son Anneau, voulait du Mithril, il voulait s'enrichir encore et encore. Et nous creusâmes toujours et toujours plus bas, toujours et toujours plus difficilement dans des conditions que peu peuvent subir de nos jours.

Et voilà ce qui arriva... à force de jouer avec la chance et la prospérité.

Nous étions à la septième des profondeurs exploitées, je me souviens être arrivé en retard ce jour là, attardé par les consignes de ma femme de prudence envers ma propre famille et mon jeune fils Faín. Mes camarades suffoquaient, les pics allaient et frappaient le sol avec force et rythme, mon responsable me désignât une place un peu excentrée en rapport avec l’œuvre en cours. J'apercevais mon cousin Eggmoín loin devant moi qui frappait une veine de Vrai-Argent avec vigueur, faisant voler des éclats de tous côtés. Eclats qui étaient ramassés par les plus jeunes et rapides des ouvriers présents et spécialistes de cette tache.

Quand tout à coup, il y eut un son terrible, un peu en dessous de nous, comme le son d'un cor de guerre en plus aigu, une plainte multipliée par des échos caverneux et une espèce de répercutions dans ce qui semblait être un espace creux et vaste. Tout le monde s'était arrêté de frapper, le sol avait vibré comme soufflé par la puissance de ce son. Tout le monde était en attente et l'anxiété remplaça l'ardeur au travail et la joie de trouver une nouvelle veine de métal précieux.

Vint alors un second son, plus proche encore, semblant venir de sous les pieds des felaks les plus avancés. Le sol vibra cette fois si fort que certains d'entre eux churent violemment au sol. L'anxiété fut remplacée par la peur, et la chaleur...

Je me rappelle ce souffle chaud qui sembla transpirer du sol par de minuscules interstices... Peu de nains craignent le feu, mais ce feu là ne semblait plus du tout naturel... Avions nous mis à jour l'antre d'un dragon ? Que devions nous faire ? Le temps semblait arrêté et plus un son ne venait de ce millier de travailleurs assemblés et terrifiés si bruyants un instant auparavant. La transpiration sur mon corps n'avait rien à voir avec le travail effectué, elle était peur et chaleur.

Et soudain, un choc très puissant ouvrit une brèche au beau milieu des plus avancés. Je me souviens de cette lueur rouge, de cette flamme venant tout droit de l'enfer, de cette pointe d'épée colossale et chauffée à blanc sortie du sol, de ce trou qui s'agrandit aussi rapidement qu'un feu prenant un bout de papier, et des premiers nains à tomber dans l'abîme. Des dizaines de cris de terreurs, et aucun choc de chute, comme s'ils tombaient sans fin dans un gouffre sans fond.

Beaucoup tentèrent de reculer, mais la stupeur des autres bloquaient toute retraite, et certains tombaient encore et encore au fur et à mesure que le trou s'élargissait toujours. Je vis mon cousin tomber à son tour, immobile le regard vide et vitreux comme frappé de terreur, comme un arbre subissant le dernier coup de hache fatal. La moitié des nains amassés était déjà tombée, mais le pire restait à venir.

Alors de l'enfer une forme se dressa, une forme de feu, une forme gigantesque dont les ombre jaunes et rouges de feu emplirent toute la cavité ou nous étions encore là sur nos pieds. Le feu semblait venir de lui, il suintait le feu, on aurait dit en premier lieu un géant de feu, une forme d'ombre de flammes marchant sur deux jambes et tenant dans ses bras cette épée léchée elle aussi par les flammes et une sorte de fouet à multiples lanières. Quand il se dressa alors vraiment, je compris ce qu'était la terreur, cette forme était l'incarnation de l'effroi.
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Stéphane Grignon <Anglin>
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« Répondre #1 le: 02 Août 2005, 12:54:00 »

2. La mort refusée
(par Stéphane Grignon, ajouté le 02/08/05 12:42)

Autant ces instants parurent longs, autant la suite ne fut qu'un déferlement de violence inouï, brutal, sans aucun répit, sans aucune issue possible. L’épée et le fouet semblaient effectuer une danse macabre et à la fois si bien maîtrisée qu’en face et sans réelle défense mes compagnons attendaient tout comme moi la violence du dernier coup qui nous emmènerait loin d’ici auprès de nos ancêtres.

 Le cri de la bête était comme celui de mille ours des cavernes, je me souviens m’être tenu les oreilles et avoir soulevé le regard et aperçu si loin plus haut le Pont de Durin dans le plafond à ciel ouvert de notre chantier et avoir pensé à cette Porte Est comme l’issue de notre vie, de notre peuple. Et à chaque profondeur, des yeux scrutaient sous le pont ce vacarme du diable, je voyais de l’agitation, j’entendais les cors d’alerte sonner, le métal tombait dans chaque puit de garde, j’en étais certain. Khazad-Dûm avait aujourd’hui un ennemi.

Quand mes yeux parvinrent à se rabaisser je vis en bas et sous la créature le contraire de la vie du dessus, un vide noir, un gouffre que la flamme pourtant si puissante de l’être de feu ne pouvait éclairer, mon royaume allait je le savais devenir aussi sombre que ce gouffre sans fin.

Le monstre approchait, nous n’étions plus qu’une petite centaine de ‘survivants’ à cet enfer. Mes jambes refusaient toujours de bouger, je me souviens avoir penser à la vie et à la mort, à mon inertie lors de la naissance de mon fils et à celle qui aujourd’hui allait m’emporter moi. Où était mon fils ? L’évacuation allait-elle commencer ? Non, tout avait été trop bref pour la cité et son Roi. J’entendis un sifflement plus puissant qu’un vent d’évacuation de la cité, un sifflement aigu qui s’approchait de moi, puis un claquement assourdissant, et devant mes yeux arriva enfin la grâce que j’espérais …

Mais non, plutôt que de me prendre la vie, la lanière qui m’avait atteinte s’était contenté d’une moitié de bras, et de brûler avidement ma longue barbe. Il me sembla que mes jambes enfin se dérobèrent et que ma tête allait enfin rejoindre le sol, de mes yeux je voyais encore cette épée du diable emporter à chaque envol un membre ou une vie, parfois deux, et les lanières de feu déchiraient et déchiraient toujours. Et le monstre ... le monstre n’avait plus les pieds au sol, il semblait s’envoler par dessus moi, à la fois sauter et voler, et quand il retomba, ce fut un bruit de tonnerre et un choc qui me fit moi même décoller du sol entièrement, le feu le soulevait de derrière lui.

Alors enfin sonnèrent dans la salle les cors des guerriers, je vis l’argent remplacer l’or dans les teintes des parois qui nous entouraient. La créature enfin ne dominait plus entièrement la salle, le mithril des cottes de mailles scintillait … mais pas encore assez pour couvrir la noirceur du gouffre. Le métal chanta, l’acier et le fer furent tirés de leurs calmes repaires. Les haches des nains, les haches des nains étaient sur la créature !
Mais l’inertie d’auparavant changé en cette bataille à présent ne changea que peu de choses ensuite. Les armures ne pouvaient pas, même de vrai-argent, bloquer la fureur et la chaleur des coups assénés. Et pour toucher ce feu, il fallait l’approcher, ce que peu, je vous le dit, parvinrent à réaliser. Mais au moins la créature n’avançait plus librement et je fut tiré par derrière par un guerrier nommé Uni, qui m’emmenait plus au calme et loin de ce champ de morts.

Les douleurs, comme empêchées de s’exprimer avant cela par l’horreur, décidèrent de vivre  dans ces instants et, pourtant loin du monstre, je souffrais toujours mais moins par l’âme comme auparavant que par le corps à présent. Les odeurs et les bruits semblaient eux aussi vouloir gagner du terrain sur ce fléau, eux aussi étaient terribles à ressentir dans ces moments de mort, de feu et de bataille.

Je fus transporté finalement quatre profondeurs plus haut devant la gravité de mes plaies physiques (Personne ne pouvait soigner le reste de mes maux). Là plus tard, j’appris que nous étions douze survivants de cette horreur, et que seul d’entre eux je n’était pas touché par le mutisme ou en incapacité de parler de ce qui était arrivé. Les guerriers étaient parvenus à contenir le démon du feu en la septième profondeur, depuis deux jours … 500 d’entre les meilleurs étaient déjà tombés, dont Uni le-calme qui m’avait sauvé.

Le roi me mandait, j’allais assister au conseil, seul témoin encore capable d’en parler. Les harpes avaient cessé d’être pincées et on entendait plus nulle part un seul marteau frapper.

Pour les commentaires ouvrez un autre sujet s'il vous plait, merci.  :king2:
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« Répondre #2 le: 14 Septembre 2005, 16:26:15 »

Chapitre 3: Le Conseil du Roi
(par Stéphane Grignon, ajouté le 14/09/05 16:23)

Près de deux cent nains étaient assemblés dans la grande salle du conseil, le grand hall de la première profondeur. Chacun s'était vu alloué une place selon son rang sur huit rangées de bancs assemblés face à face quatre et quatre. Aux deux premières rangées étaient assis évidemment les plus importants d'entre eux, se faisant face. Au milieu d'entre eux Durin siégeait sur son trône de pierre, constellé de motifs en argent, à la place du Roi. En face de lui, la plus convoitée des autres places me fut réservée (1).

Alors parla Durin :

"Aujourd'hui est un jour sombre pour notre mesnie. Notre royaume est en grand péril, le plus noir des malheurs s'est abattu sur nous. Les premiers affrontements qui ont eu lieu augurent un funeste avenir pour la cité. Bientôt nos ennemis sauront que nous avons éveillé notre plus grand fléau. Bientôt ils viendront frapper à notre porte et réclamer, a coup sûr, leur part de nos ancestraux trésors. Depuis plus de trois mille ans le mal veut notre cité. Le jour est venu pour lui de nous attaquer, il saura et il s'en servira, soyez en certains !

Dans ma prime vie je bâtis cette admirable cité, près du Lac Miroir, certain des augures que m'avait offert sa vision. Après la submersion des Terres de l'Ouest, Khazâd-Dûm fut sans conteste la plus sûre, la plus puissante et la plus apte à lui résister des cités où l'on parle. Je me souviens avoir accueilli les nains de Tumunzahar et de Gabilgathôl (2) après la ruine de leurs propres cités.

Je me souviens d'avoir fermé les portes en ma seconde vie devant les assauts du Nécromancien. Je me souviens avoir aidé les hommes lors de la Dernière Alliance, bien que peu d'hommes et d'elfes nous en portent encore crédit.

Aujourd'hui j'en suis à ma sixième existence, heureux de vivre encore dans mon riche et prospère, hier encore, domaine. Jusqu'à cette terrible journée. La bête que nous avons mis à jour fait partie d'un âge plus ancien, d'un âge proche de mon premier éveil. Elle appellera son seigneur, car de nouveau l'ombre s'étend à l'est et à l'ouest.

Et nous devrons lui faire face."

La parole me fut ensuite confiée, à moi qui quelques jours avant était simple mineur. Je contais alors comme je le fis ici dans ces pages l'arrivée de l'ennemi. Nul ne coupa mon propos. Aucun ne me posa moindre question. Tous attendaient réponse du roi. Un long silence se fit et enfin Durin notre père à tous, premier de tous les nains et Seigneur de Khazâd-Dûm, nous clama ceci :

"Plus de mille ne sont plus aujourd'hui, ils nous attendent autour d'une table près de nos ancêtres privés par le destin d'une plus longue vie ici.

Nous nous devons de réagir et de nous réveiller de ce cauchemar. Nous devons sauvegarder nos enfants et l'avenir de notre mesnie. Nous allons donc abandonner les trois dernières profondeurs et y cantonner le plus longtemps possible notre ennemi. Les femmes de toutes les profondeurs remonteront à ce niveau avec leurs enfants et les biens nécessaires à leurs survie. Les aideront en cela les plus inaptes à la charge ou au combat. Les plus braves affronteront la bête sur un premier front. Ceux qui connaissent le travail de la pierre ou du métal s'efforceront de vider nos armureries et nos salles de trésor. Tout ce qui ne pourra être enlevé devra être rassemblé dans certaines salles, dissimulé et scellé derrière des portes choisies par nos sages et leur magie des runes. Que les portes de l'est et de l'ouest soient puissamment gardées par autant de gardes qu'il en soit nécessaire. Les plus jeunes et habiles à la recherche trouveront d'autres voies d'évacuations discrètes pour la cité au cas où l'ennemi viendrait trop vite à l'assaut de nos portes. Envoyez des messagers mander l'aide des autres maisons, mandez-leur logis, accueil et repas pour nos réfugiés, des lieux où pourront s'établir ceux qui fuiront d'ici pour nous préserver un futur. "

Alors il déclama une vision (3) :

"Que tout se dresse ainsi et maintenant comme je l'eus dit
Demain je serais face à mon nouvel et ultime Ennemi
Nul doute me faudra-t-il alors une autre vie
Aucun avant cela, je le dis, ne vivra en paix ici."

Et le conseil prit alors fin.


Notes:
(1) Dans les us et coutumes nordiques cette façon de se placer était couramment utilisée lors des conseils importants, les Þing par exemple. Plus on s'éloignait du milieu de la salle sur les côtés ou en profondeur dans les rangs des bancs, et moins vous étiez considéré comme important. Parfois, par défi, certains des invités étaient refoulés de la sorte au fond de la salle pour marquer le dédain ou le mépris du chef de conseil.
(2) En langage elfique : Belegost et Nogrod, les cités naines établies au premier âge sur les flancs est des Montagnes Bleues au seuil du Beleriand.
(3) Vision est à rendre ici comme les Visá des sagas nordiques, une sorte de poème fatidique et prémonitoire.


[edit Tilkalin : correction faite]
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« Répondre #3 le: 22 Septembre 2005, 10:12:29 »

Chapitre 4: Demain nous serons loin ...
(par Stéphane Grignon, ajouté le 16/09/05 20:09)

 

Dès la fin du conseil, le peuple pris donc le parti de s’organiser. Malgré le danger, le calme régnait alors même que tous étaient déjà conscients de vivre les derniers instants de l’age d’or (4) de la cité, de leur royaume si puissant.

La peur n’est pas coutumière des nains, notre destin, si funeste ou irréversible qu’il soit, s’affronte toujours en face. Pour nous les braves et les plus méritants gagneront, de leurs faits, le droit de rejoindre leurs ancêtres, et de concert avec Mahal leur créateur, il re-bâtiront Arda après l’ultime bataille.(5)

Nos messagers étaient parti à l’aube, et déjà les premier convois des nains s’organisaient. J'esperais qu'aucun des messagers ne fut alors attrapé en chemin, je redoutait cela plus que tout. En voyant l'immensité des travaux inhérents à une telle exode et le départ d'un si grand nombre, on pouvait redouter les obstacles avec sagesse ou raison. Pourvu seulement que nous ayons du temps.

Je n’avais pas conscience avant cela de ce que la cité comptait comme femmes et enfants. Un tiers de la population de Khazâd-Dûm était composé de femmes. Pour les autres peuples parlants, les elfes et les humains, elles se montraient si semblables à leurs congénères masculins portant la barbe, parlant d’une semblable voix, portant même style de vêtements, qu’elles étaient parfois considérées comme des légendes, d’autant qu’elles ne sortaient d’usage jamais de la protection de nos cavernes. J’aurait souhaité en cet instant leur montrer oh combien elles aussi étaient belles à nos yeux, oh combien elles aussi méritaient notre respect, et de fait manquaient à leurs propres yeux non connaisseurs.

Et nos trésors …

Depuis la veille seulement on entassait ici et là les plus grandes et précieuses richesses du royaume ; Or, gemmes de toutes couleurs et de toutes tailles, perles de Balar (6), bijoux et orfèvreries qui dataient parfois de l’age ou Nogrod surpassait tout ses voisins dans l’art de créer de tels œuvres, ceux qui sertirent un jour un Silmaril du maître Noldo Fëanor à un collier …

Je voyais nos érules (7) aidés des meilleurs tailleurs de pierre dissimuler des portes physiquement et par la magie. Derrière elles seront laissées au secret las armes, armures, meubles aux essences précieuses, instruments de musique, lustres majestueux et tant d’autres choses richement travaillés et si malheureusement intransportables ou non adaptés à une exode forcée. Tout serait alors à l’abris des mains ennemis, et un jour peut être redonnerait sa splendeur à la cité pour un autre temps.

En marge de ces préparatif d’exil, chacun pouvait entendre plus bas le cliquetis du métal, le Chant-de-Fer, cet art ancestral des forgerons qui, dans la chaleur et la vapeur de leurs fourneaux et bains de trempage, le maîtrisaient si parfaitement et qui faisait renom pour les nains. Les meilleurs d’entre eux pouvait dit-on dans cette musique savoir qui était présent et quel travail il effectuait au son du marteau de son enclume. De cela, peu connaissent l’existence, le dernier d’entre eux fut le grand Sinda Celebrimbor, l’ami de Narvi, qui aurait lui aussi compris.

Compris que tous ici préparaient la guerre. Oui la guerre venait sur nous.

Notes:
(4) Il est dit que l’Age d’Or de la cité naine de Khazâd-Dûm perdura de 40 au Second Age. à la moitié du Troisième Age
(5) Quenta Silmarillion, Page 52, §3
(65) Les perles de Balar furent offerts aux nains qui aidèrent Finrod surnommé Felagund ‘celui-qui-creuse-les-caverne’ à batir Nargothrond sur les rives de la rivière Narog avant le Premier Age. On dit aussi que c’est cirdan qui les trouva en premier.
(7) Les Erules sont à prendre ici comme les maître en matières des runes. De nombreux passages de l’œuvre de Tolkien montrent qu’une telle ‘magie’ existait vraiment, la porte dérobée d’Erebor en est le plus visible héritage.
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i]C'est parce que la vitesse de la lumière est plus rapide que celle du son, que bien des gens paraissent brillants avant de passer pour des c....[/i]
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« Répondre #4 le: 07 Octobre 2005, 17:48:39 »

Chapitre 5: L' Héritier.
(par Stéphane Grignon, ajouté le 07/10/05 16:09)

 

Les capitaines eux aussi organisaient leurs troupes et le déploiement de l'armée de Khazâd-Dûm. Nous pouvions maîtriser l'avancée de notre nouvel ennemi, mais il fallait aussi compter sur tout ce que les environs du Rubicorne comptait comme hostilité et convoitise à notre égard.

Les orcs des environs avaient vite analysé l'absence de convois commerciaux d'ordinaire quotidiens et en avaient tiré aisément la conclusion que quelque chose clochait dans le puissant royaume nain voisin. Certains affirmaient aussi qu'un de nos messagers avait été capturé et qu'une centaine d'orcs campaient depuis dans les environs de la vallée de Dimrill Dale. Dans peu de temps, c'est certain, ils viendraient tester nos défenses aux portes.

Le Roi lui était avec sa garde, il revêtait son armure et mesurait le danger qu'il allait affronter. Autour de lui, une grande centaine de nos plus aguerris soldats étaient assemblés. Leurs cottes de mailles réfléchissaient les lumières de la salle, leurs solides bras portaient de lourds bigots, des épées ou des haches d'armes, sur leurs dos un bouclier marqué du marteau et de l'enclume et surmonté d'une couronne et des sept étoiles de Durin.

Une telle compagnie aurait pu seule défier vingt à trente fois plus d'orcs sans subir de pertes considérables. Aujourd'hui pourtant ils affrontaient leurs destins. Dans leurs yeux seuls le désir de rester braves et dignes se lisait encore à cet instant.

Náin, fils de Durin (8 ), restait en arrière, il prenait les derniers conseils de son père, transmettait les ordres, demain il guiderait son peuple seul face au danger. Déjà en lui coulait le sang des héros. Son règne débutait dans la peine, sans initiation prolongée, sans avertissement. Dans quelques heures il serait Roi de la plus grande des 7 mesnies des nains, les Longue-Barbe, lui Náin, fils de Durin, dernier à régner sur Khazâd-Dûm.

Père et fils se firent face une ultime fois, leurs yeux seuls parlaient. Longtemps dura ce moment. Alors Náin sorti en Roi de la grande halle, laissant là son père et l'élite guerrière qui composait sa garde, jamais il ne se retourna.

Chacun savait que leurs destins étaient déjà scellés et que bientôt Père et Fils se reverraient et siègeraient l'un au côté de l'autre, mais ailleurs.

Durin mis alors sur sa tête son Heaume d'Ambre, il en avait fini avec son passé.


Notes:
(8 ) Náin fils de Durin. Comme dans les Peuples du Nord, les nains sont souvent désignés et nommés comme X fils de Y (Thorin fils de Thráin, Gimli fils de Glóin …). Il existe aussi d'autres exemples parmis les autres races présentes dans le monde de Tolkien. Cet usage semble revêtir de plus une idée de noblesse et de grandeur du personnage dans le récit. Aragorn fils d'Arathorn en est le meilleur exemple.
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